Julia c’est le travail du womanhood, c’est la douceur et la sororité. Il suffit de la voir pour y croire, et de prêter un oeil attentif à son travail pour reconnaitre la justesse de son approche. Alors oui, hier c’était le 8 mars soit la journée internationale des droits de la femme mais à l’oeuvre tous les jours dans travail, Julia Aknin cherche à libérer la femme des diktats et normes sociales qui castrent les femmes.

A l’aide de peinture, de pochoirs, de photos, de dessin, d’eau forte et de sérigraphie, Julia travaille la figure féminine et ce que les mythes autour des femmes disparues renferment. Lorsque j’ai essayé de comprendre ce que signifiait « missing girl » je lui ai demandé si on pouvait comparer la figure de cette femme qui disparait aux romans américains de John Green ou à la série qui avait tant fait parler 13 reasons why. C’est très américain, mais comme l’initiation à la sérigraphie pour Julia ou son intérêt pour le « coming of age », sujet qui a marqué son travail antérieur. C’était la fille, maintenant la femme qui intéresse Julia.
Pourquoi une femme qui disparait devient un mythe plus vivant que lorsqu’elle était encore là ?
Sa présence change, et les autres se permettent d’agrémenter sa figure la rendant ô-combien-femme. Elle était belle, te souviens-tu de ses cheveux ? Elle avait les yeux doux, doux comme ceux d’une biche… Il y a donc la réalité et ce qu’il reste de celle qui disparaît : cette dissonance est pierre angulaire du geste de Julia. En effaçant ces traits qui tendent à faire deviner le caractère et jouant avec les contours d’une forme, l’artiste interroge habilement celui qui observe et qui infère des qualités à la silhouette restante. Que reste-t-il de la silhouette féminine et que pouvons nous en faire ? Jouant avec les formes, le travail de Julia conjugue absence, présence, fantasme et réalités dans un ensemble très harmonieux… et militant !

