être petit par rapport à la mer

Extrait du livre Oblomov écrit par Gontcharov, sur la mer

Jacques Faujour, Saint-Pair sur mer, 1977

Le texte sur le divertissement de Pascal est sans doute celui qui m’a le plus marqué de toutes mes années d’études. Il marque le jour où j’ai commencé à réaliser que tout se meut non pas autour de ma petite vie, mais dans un monde bien plus grand et effrayant que le confort. L’impermanence de la vie – et les seules constantes terrestres qui comptent sont l’eau, le feu, l’air et la terre. Je me demande souvent ce qui nous lie aux sons naturels – pourquoi et comment pouvons-nous passer des heures à contempler l’horizon de la mer ? Pourquoi aime-t-il autant la mer ?

Comment pouvons nous prétendre détenir la mer ? et la mère ?

Oblomov dans le roman de Gontcharov est un bourgeois flemmard. Il n’investit pas le monde extérieur mais se le représente par intermittence depuis son canapé. Profitant de ses nombreux privilèges, son train de vie est malsain tant il est ennuyeux et un jour ; il reçoit la visite d’un ami qui le secoue et l’encourage à remettre pied dans la réalité. C’est son ami, puis les beaux yeux d’Olga son amoureuse qui lui font reprendre goût au lyrisme de la nature. Les cordes vocales, la mer. Ces bruits qui n’émanent pas de nous et que nous ne pouvons contrer. La mer, le chant d’une amoureuse. Pascal, comme Gontcharev nous apprennent à nous décentrer et regarder la vie avec un certain scepticisme. La mer dans son bruit monotone renvoie à l’intérieur, notre intérieur. Et pourquoi aime-t-il tant la mer ?