La répétition; note d’intention

En cette fin d’année, et

Après une année d’existence j’ai décidé de commencer à mettre en place des lignes éditoriales, chaque mois, me permettant ainsi d’approfondir des thèmes et d’inviter des collaborateurs, artistes, amis à participer avec une trace quelconque et nourrissant la réflexion du mois. Ci-dessous, une invitation à créer. Ou à réfléchir. En tout cas j’y ai pas mal pensé les dernières semaines.

En espérant que cela vous plaise;

Le mot « répétition » est polysémique ; c’est d’ailleurs en cela qu’il déploie tout son intérêt pour ce premier acte de programmation.

Répéter, c’est s’exercer plusieurs fois avant une représentation.

Répéter, c’est faire le même geste à une fin précise qui peut être mieux fait ou faire différemment, ou peut être pour instruire…

Mon père me disait enfant « il faut 100 000 heures de pratique pour avoir un niveau passable dans quelconque activité ». Ou peut être que c’était 120 000 heures ; ou 200 000 heures. Cela semblait déjà être trop et j’en avais marre du Conservatoire.

Claude Viallat, « Répétition » 1936. Crédit photo : Collections du Centre Pompidou.

Mais je crois que c’est le sens psychanalytique de la répétition qui m’intéresse le plus (d’où l’intérêt de faire ce travail collaboratif, me sortir un peu de ce vers quoi je semble toujours toujours tendre…). Freud disait que répéter c’est se souvenir. Voilà donc qu’assez naturellement on introduit un second concept : le souvenir.

La répétition est à interpréter en fonction de ce qui se répète en elle. Elle se présente dans la cure comme ignorée ; le sujet ne se souvient pas, il répète quelque chose sans le savoir. Grossièrement, c’est le symptôme. J’aime l’idée de boucle, de cycle. De routine ?

Mais il est aussi impossible de concevoir la répétition sans le geste. Il y a quelque chose de physique dans la répétition. Je vois un pinceau frotté contre une toile, puis frotté à nouveau. Peut être même des crampes à la main. Comme une transe. Je pense aussi aux peintres aux séries de travaux : celles qu’on voit, celles qu’on ne voit pas (essais peu montrés).